ET SI NOUS VIVIONS, ENFIN, NOS ÉMOTIONS …

ET SI NOUS VIVIONS, ENFIN, NOS ÉMOTIONS …

Qui n’a jamais ressenti cette bizarre impression de paraitre trop sensible aux yeux des autres, de passer pour quelqu’un de trop émotif voire même peut-être de se sentir coupable d’exprimer ouvertement ses émotions ?

En effet, ne devrions-nous pas au contraire nous interroger sur :

  • Pourquoi « serions-nous trop sensibles, trop émotifs » ?
  • Serait-ce une faiblesse au regard des autres, un poids pour notre société ?
  • Pourquoi exigerions-nous de nous, de ne pas vivre pleinement nos émotions ?
  • De quel droit ne pourrions-nous pas les ressentir et les exprimer ?

Cela signifie que nous sommes priés de ne pas réagir quand nous sommes blessés, que l’on nous fait du tort ou que nous perdons quelque chose d’important pour nous.

Cela signifie aussi que nous devrions faire passer les besoins affectifs, le bien-être des autres et l’équilibre de la collectivité avant les nôtres.

Pourtant toutes nos émotions sont vitales à notre « équilibre », elles sont le meilleur rempart au mal-être, et le premier système d’alerte pour notre survie …

On fait encore trop fréquemment comprendre aux enfants, (mais également aux adultes), qu’ils ne sont pas censés ressentir et encore moins exprimer leur colère, leur tristesseou leur peur, car d’autres estiment qu’il ne doit pas en être ainsi, que ça ne se fait pas en société ou que ce n’est pas approprié à la situation : cela véhicule une image de faiblesse.

Or, les émotions constituent un système d’alerte instinctif indispensable à notre survie, par lequel notre corps indique à notre cerveau comment réagir à ce qui nous arrive et notamment aux situations négatives générant du stress.

Nos émotions négatives nous signalent au niveau reptilien et émotionnel (amygdale) que quelque chose dans notre environnement est en train de devenir négatif pour nous, voire toxique.

C’est par exemple quelque chose (ou quelqu’un) à fuir dans le cas de la peur, ou bien à affronter dans celui de la colère, mais c’est aussi par exemple une perte – un deuil qu’il est nécessaire de reconnaître puis « bon » d’accepter pour ce qui relève de la tristesse.

A contrario, la joieet toutes les émotions positives sont à cultiver : il relève à chacun de planter une graine, de l’arroser de bienveillance et de soins, de la nourrir quotidiennement …

Accueillir nos émotions, les ressentir, les reconnaître et en interpréter correctement le message sont le garant de notre protection psychique et physique au quotidien.

Vous voulez éviter une dépression, un burn-out alors suivez déjà ces premiers conseils …

  • Supprimez la peur et vous deviendrez dangereux pour vous-mêmes et pour les autres,
  • Supprimez la colère et vous vous laisserez abuser par les autres, sans rien dire ni rien voir, dans un auto-renoncement qui fera de vous la proie idéale et une victime toute désignée,
  • Supprimez la tristesse et il est fort à parier que vous vous sentirez rapidement anxieux et angoissé sans en comprendre forcément la cause …

Votre corps va progressivement finir par exprimer à travers des maux et des affections diverses, ce que vous refusez d’accepter et de vivre émotionnellement : vous allez somatiser :

« On dit que les émotions se cristallisent au niveau corporel ».

APPRENEZ PLUTÔT À LÂCHER-PRISE, À ÉCOUTER ET À DÉCRYPTER VOS ÉMOTIONS POUR VOUS PROTÉGER DURABLEMENT …

Nos émotions sont une expression directe du stress physiologique dans lequel se trouve notre corps.

Exemple : En présence d’un danger, un prédateur par exemple, le corps réagit instantanément pour provoquer la fuite (cerveau reptilien), comme on le voit clairement chez l’animal. Son organisme est alors en situation de stress aigu, une série de mécanismes physiologiques devant assurer une rapidité et une exactitude de réaction maximales, gages de survie. Si son cerveau bloquait cet ensemble de réflexes (et la peur associée), comme notre éducation nous a si souvent appris à le faire, il deviendrait une proie facile à dévorer.

Ce qui nous différencie des animaux, se trouve principalement au niveau cérébral. Si notre cerveau est plus développé (cortex = réflexion), en opposition notre rythme physiologique est bien lent et plus « faible » :

Exemple: Une antilope va se mettre sur ses pattes en seulement quelques minutes après la naissance et trotter pour suivre sa mère et pouvoir échapper aux prédateurs, quand un enfant aura besoin de plusieurs mois pour se tenir sur ses pieds, encore quelques mois pour marcher et d’autres mois encore pour courir …

Et c’est exactement ce qui se passe dans notre communication au quotidien. Celui ou celle qui a appris à prendre sur lui, à ne rien ressentir ou à se dire que ce n’est pas grave, qu’il est vite « catalogué » trop sensible, s’offre en victime toute désignée aux prédateurs modernes tant dans le domaine privé que professionnel.

S’entendre dire de manière récurrente que l’on est trop sensible ou trop faible signale « peut-être » que l’on a affaire à un potentiel agresseur (pervers narcissique par exemple) qui nous place dans un sentiment de culpabilité et nous fait cultiver ce sentiment parfois jusqu’au doute, ce cercle vicieux qui vous entraine vers les bas-fonds de la honte de soi-même.

APPRENEZ À VOUS SERVIR POSITIVEMENT DE VOS ÉMOTIONS …

Donc, être trop émotif ou trop sensible n’aurait pas de sens, chercher à se débarrasser de ses émotions non plus, si l’on veut demeurer en bonne santé et échapper aux relations toxiques.

La démarche appropriée lorsqu’on se pense trop sensible consiste à se demander d’abord ce que l’on ressent exactement. Cela implique de prendre le temps de s’interroger sur ce que l’on est en train de vivre, d’inspecter son environnement pour découvrir l’émotion légitime, qui n’est pas forcément celle que l’on croit quand on n’a pas appris à bien identifier les choses (nous préférons souvent tout mettre sur le dos du stress plutôt que de la colère ou de la peur, nous choisissons de tout faire pour zapper l’émotion plutôt que d’écouter son message primaire et d’agir en conséquence). Et comme on s’entête souvent dans cette posture, l’émotion qui n’est pas entendue, cherche à trouver sa place légitime coute que coute, elle insiste et nous met dans un état d’épuisement …

Pour permettre de retracer l’origine de nos réactions actuelles et d’acquérir la liberté d’en changer, il est primordial d’entamer un premier travail sur soi pour révéler notamment :

  1. Comment nos conditionnements (notre éducation, nos croyances …) nous ont conduits à voir et à identifier les choses ?
  2. Comment ils nous ont appris à nous considérer ?

Une telle analyse du présent et du passé va permettre à chacun de se situer, de repérer à quel moment il se trouve dans une relation perverse et de demander avec une « colère légitime » (en utilisant par exemple la CNV : communication non violente) à son interlocuteur d’arrêter de lui manquer de respect.

Être agresseur ou victime de violence psychologique n’est pas une fatalité car rien ne nous oblige à persévérer dans cette posture en restant dans ce cercle vicieux (l’entreprise, la famille, le couple, le clan amical…)

Nos émotions sont donc bien là pour nous guider vers ce qui est bon pour nous et pour éviter ce qui ne l’est pas.

Si elles nous paraissent envahissantes ou dévastatrices, c’est peut-être parce que nous avons encore une mauvaise lecture de la situation, que l’on n’a pas encore appris à les écouter, à les décrypter correctement et à apporter la solution adéquate aux problèmes qu’elles signalent.

C’est à force de s’entendre dire que l’on est trop sensible, trop méchant ou trop nul que l’on finit par le croire et qu’on devient incapable de se protéger et de protéger ceux qui nous sont chers.

La seule issue est donc d’entrer en action individuellement, de manière libre et autonome pour notre mieux-être et à terme celui de notre entourage.

Faites-vous confiance et faites-vous accompagner le cas échéant…

Signature Gilles Taraquois 2


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approvés avant d'être affichés